Randonnée au garlaban

Randonnée contée "Marcel Pagnol, cinéaste en herbe"

Entre nature, mémoire et cinéma, les collines d’Aubagne révèlent l’âme de Marcel Pagnol. En suivant la randonnée guidée « Marcel Pagnol, cinéaste en herbe », j’ai marché dans les pas de l’écrivain et cinéaste provençal, là où ses histoires ont pris vie. Des sentiers baignés de soleil aux décors naturels de ses films, chaque pas résonne comme un écho à son univers : celui d’une Provence lumineuse, simple et profondément humaine.

Ornella
Ornella
  • Si j'étais un lieu du territoire, je serais...

    La croix du Garlaban pour avoir une vue imprenable tous les jours dont on ne se lasse jamais.

Sur les traces d’un enfant du pays

Dès les premiers pas au Domaine de la Font de Mai, je sens que cette randonnée ne sera pas tout à fait comme les autres. Ici, chaque pierre, chaque sentier semble raconter une histoire. Notre guide nous invite à marcher “dans les pas de Marcel”, cet enfant d’Aubagne devenu un géant du cinéma. Sous la brume du matin, les collines s’éveillent doucement — et avec elles, les souvenirs d’une Provence éternelle.

La Font de Mai… “Font” pour “source”, “Mai” pour “abondance” en provençal. Un nom qui sonne déjà comme une promesse. Autrefois domaine agricole jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale, le site fut ensuite laissé à l’abandon avant de renaître aujourd’hui comme porte d’entrée vers les collines de Pagnol.

Plus haut, nous faisons halte sur une ancienne aire de battage — une calade provençale d’époque, jadis utilisée pour séparer le grain de la paille. Notre guide nous parle de la famille de l’écrivain : Joseph, son père, instituteur à l’école Lakanal d’Aubagne, puis aux Chartreux de Marseille, et sa mère Augustine, dont la santé fragile les poussera à chercher “l’air pur” des collines. C’est de là, à la Bastide Neuve, que naît l’univers tendre et malicieux de La Gloire de mon père et Le Château de ma mère.

Des collines aux souvenirs de Marcel

Nous empruntons de petits sentiers bordés de thym et de romarin. Le guide ponctue la marche d’anecdotes et de dialogues tirés des livres.
Les adultes mentent aussi bien que les enfants”, sourit-il, en évoquant l’épisode du parc Borély, où le petit Marcel découvre que son oncle Jules n’en est pas vraiment le propriétaire.
La Provence bruisse de ces histoires simples et sincères, à la fois drôles et émouvantes.

Le vent souffle doucement, et la vue s’ouvre sur un panorama grandiose : d’un côté Aubagne et les toits roses de sa vieille ville, de l’autre Marseille et la Méditerranée au loin. Nous voyons également que le territoire s’est développé et industrialisé depuis des décennies, par l’étendue des constructions qui fleurissent dans la vallée. Le guide plaisante en pointant du doigt la carrière de La Bédoule: “Les Aubagnais creusent pour avoir vue sur la mer, ce n’est pas gagné !

Nous nous arrêtons ensuite une vingtaine de minutes sur un promontoire, face à Tête Rouge, Tête Ronde et Taoumé. Ces trois sommets emblématiques forment avec Garlaban et les barres de St Esprit, le décor naturel des récits de Pagnol. Le guide se transforme alors en conteur : il nous “joue” plusieurs passages iconiques, avec le ton et la gestuelle du théâtre. Sous le ciel automnal de Provence, les mots prennent vie. On imagine sans peine Marcel et son ami Lili courant à travers les collines, se réfugiant dans la grotte du Grosibou un jour d’orage, ou encore Joseph et Oncle Jules s’adonnant à leurs célèbres parties de chasse. Tout semble si proche, presque réel, comme si les personnages avaient simplement traversé la colline d’à côté.

Le saviez-vous ?

À l’origine, Manon des Sources et Ugolin formaient un seul film de plus de quatre heures. Contre la volonté de Pagnol, les distributeurs décidèrent de le couper en deux… donnant naissance à deux chefs-d’œuvre du cinéma français.
Autre héritage moins connu : Pagnol fut l’un des premiers à croire au “cinéma parlant”, traversant la Manche dès les années 1930 pour en découvrir la technique. Visionnaire, il affirmait déjà que “la parole donnerait une âme aux images”.

Sur les traces du cinéma de Pagnol

Puis vient la partie “cinéma”. Nous atteignons la Douloire, décor mythique de la Ferme d’Angèle. Le lieu a plus de 90 ans : de vraies pierres, marquées par le temps, des bassins construits pour les effets spéciaux… Ici, Pagnol tournait avec des caméras de plus de 80 kilos, sous un soleil impitoyable. Les cigales chantaient si fort qu’il fallait tirer des coups de fusil dans les arbres pour les faire taire le temps d’une scène !

C’est aussi dans ces collines qu’il inventa ses systèmes de travelling pour faire glisser la caméra sur des rails improvisés.

La plus belle lumière et celle du soleil de Provence.

Marcel Pagnol

Infos pratiques

  • Durée : une demi-journée (7km)
  • Niveau : facile (à partir de 6 ans)
  • Départ : parking Font de Mai
  • Sur réservation uniquement
  • Conseil : prévoyez de l’eau, un chapeau et des chaussures adaptées aux sentiers.

Prolongez l’expérience

Poursuivez votre immersion dans l’univers de Marcel Pagnol : visitez sa maison natale à Aubagne, découvrez le Petit Monde de Pagnol et flânez dans les ruelles du centre ancien, si souvent filmées ou évoquées par le cinéaste.

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