Traditions de Noël en Provence

Les Traditions de Noël en Pays d’Aubagne et de l’Étoile,
des moments magiques, remplis de féerie , de sourires et de traditions provençales.

Les fêtes de Noël, sont des moments de joie, l’occasion de réunions de famille, d’offrir des cadeaux, dans l’attente d’un vieux monsieur à barbe blanche vêtu de rouge …

En Provence, c’est bien plus que cela !
La période de Noël c’est l’occasion de célébrer les traditions, fêtes et coutumes qui rythment la vie des Provençaux pendant deux mois : les Fêtes Calendales.

Les Fêtes de l 'avent

Quatre semaines pour préparer Noël !

Le Jour de la Sainte Barbe

 

« Quand lou blad vèn bèn, tout vèn bèn ! », « Quand le blé va bien tout va bien ! » : une prédiction de prospérité pour l’année à venir :

Tout débute le 4 décembre, jour de la Sainte Barbe, patronne des pompiers, mineurs et artilleurs.
Jour où l’on dispose quelques graines de blé, lentilles et/ou pois chiches dans trois « sietoun » (soucoupe).
Ces graines donneront naissance a des tiges que l’on disposera sur la table, la veille de Noël.
Pour les Provençaux, plus la croissance des germes est bonne avec de belles tiges droites et vertes, plus l’année sera prospère, car le blé sera le signe de ressources durant toute l’année pour la famille.
Aujourd’hui, c’est à l’évidence l’une des traditions Calendales les plus présentes dans les foyers du Pays d’Aubagne et de l’Étoile.

Mais, laissons notre blé de côté pour préparer la suite des festivités …

Flâner et décorer

 

Cette période est l’occasion de décorer l’intérieur des maisons.
Outre le traditionnel sapin de noël, la crèche, agrémentée de santons, est un incontournable en Provence.
Disposée sur un meuble de la maison, dans le coin d’une étagère ou sur un décor installé pour l’occasion, la mise en place de la crèche permet de passer un agréable moment en famille.
Certains s’en tiennent à la tradition, d’autres tentent d’innover en introduisant des personnages plus contemporains, tels que des Playmobil, Légo et autres figurines héroïques que les enfants tentent vainement de cacher dans la crèche…
On retrouve dans la crèche, la nativité, le berger et ses moutons, les rois mages, mais c’est surtout une représentation de la population d’un village où toutes les classes sociales et métiers se côtoient : le tambourinaire, le meunier, la poissonnière, le maire, le rémouleur, Grasset et Grassette, les joueurs de boules, le ravi, et bien d’autres, donnent vie à ce décor de mousse, d’écorces, de branches de thym…
Chaque année, on décide en famille d’ajouter un nouveau santon à cette éventail de personnages.
Les habitants du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, mais aussi de la région, se retrouvent donc autour du Marché aux Santons et à la Céramique d’hiver, pour flâner entre les stands de santonniers et créchistes, qui présentent leurs nouveautés aux côtés de leurs santons et accessoires classiques.

Le Marché aux santons d’Aubagne, c’est également l’occasion d’admirer les illuminations, de faire un tour à la fête foraine avec les enfants et de de se rendre au Marché de Noël, afin de préparer les plats du Gros souper provençal et les treize desserts.
Gastronomie, artisanat, décoration et idées cadeaux vous y attendent, tout près de la patinoire et de la maison du Père Noël.

Le Temps de la dégustation

La veille de Noël, après avoir disposé trois nappes blanches, vos « sietoun » de blé, la Nerthe, le houx et la rose de Jéricho. Les plats du gros souper prennent place sur la table.
Constitué le plus souvent de sept plats maigres, sans viande, suivant la classe sociale et les habitudes de chaque famille, l’arrivage, les terroirs et productions, les menus sont différents aux quatre coins de Provence.
On gardera malgré tout les meilleurs produits et on disposera sur la table escargots, morue, muges, cardons, céleri, gratin de légumes, la carde, l’aïoli, l’omelette, la brandade…

Après le gros souper, vient le temps de la Messe de minuit, très souvent célébrée en langue provençale.
La messe est agrémentée d’une crèche vivante et de chants de Noël provençaux, accompagnés par les flûtes et tambourinaires.
Cette cérémonie réunit pratiquants et non-pratiquants, mais également ceux qui seront sensibles à l’aspect traditionnel et folklorique de la cérémonie.
Vous pourrez retrouver le rituel du Pastrage, où un cortège d’angelots, petit pâtre, jeunes filles et tambourinaires escorte un agneau apporté « en offrande » par les bergers, agneau qui n’est pas sacrifié, mais qui reçoit une bénédiction. À la fin de la messe, il est enfin temps d’aller déposer l’enfant Jésus dans la crèche, mais surtout de déguster les Treize desserts, seul moment d’abondance dans la période des fêtes de l’avent.

Les Treize desserts, voilà un sujet de discorde chez les Provençaux, car la liste des treize desserts change et évolue selon les régions de Provence, même si certains sont incontournables.
Ainsi, les Aixois préfèreront les Calissons aux Navettes des Marseillais, d’autres choisiront le gibassier plutôt que la pompe à l’huile, ou encore la fougasse à la fleur d’oranger dans le pays niçois.
On peut recenser plus d’une cinquantaine de desserts différents dans toute la Provence, mais certains sont indispensables :
– La pompe à huile rompue avec les mains et dégustée avec le vin cuit,
– les quatre mendiants : figues sèches, raisins secs, amandes et noisettes,
– les nougats noir et blanc
,
– les dattes et des fruits comme la pomme, la poire, le melon et les raisins frais.
À cela, on peut ajouter : calissons, navettes, pâte de coing ou de fruits, mandarine, orange.
Personnellement, je ne conçois pas de liste de treize desserts sans quelque bugnes et oreillettes confectionnées par ma mère !

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Jusqu'à la Chandeleur

Étrennes, la marche des rois et Pastorale ...

Scènes comiques et traditions

En janvier, vous pourrez assister à La Pastorale, où se mêlent sacré et profane.
La Pastorale est un pèlerinage, une course au miracle où les santons prennent vie sur les planches d’un théâtre.

Il existe un grand nombre de Pastorales différentes, écrites soit par de grands auteurs, comme la Pastorale Maurel, soit par les villageois eux-mêmes.
Parlée et chantée le plus souvent en langue provençale, articulée autour de la scène de la nativité, la Pastorale évoque un pèlerinage conduit par les bergers, révélant la vie d’un village typique de Provence avec des scènes comiques et divertissantes.

Berger, Meunier, rémouleur, Pistachier, valet de ferme, Roustide, Jourdan, Margarido, Grasset, Grassette et bien d’autres se réveillent au fil des actes pour rejoindre la crèche.
Il s’agit d’une pièce, qui mêle la scène de la nativité à la vie quotidienne de la Provence du XIX siècle.

Au début de l’année, les jeunes apprécieront les étrennes, moment où les anciens leur distribuent quelques pièces.
Cette tradition est héritée de l’Empire romain, où un cadeau était offert pour la nouvelle année aux amis, aux connaissances de la famille, mais également à l’empereur.

La tradition évolua, et on commença à donner aux corps de métier qui rendaient service à la communauté, sans être suffisamment rémunérés. Aujourd’hui encore ces étrennes sont distribuées aux pompiers, aux éboueurs, au facteur au moment de la tournée des calendriers… mais surtout aux enfants de la famille.

Melchior, Balthazar et Gaspar

Durant cette période où l’on célèbre les Rois, les boulangeries agrémentent leurs vitrines de jolies couronnes dorées, car il est à présent le temps de l’Épiphanie : le 6 janvier, Melchior, Balthazar et Gaspar terminent leur long chemin et arrivent devant la nativité.

Contrairement à  une grande partie de la France qui fête l’Épiphanie avec la Galette des Rois garnie de frangipane, en Provence c’est le Gâteau des Rois que l’on retrouve au dessert !
Il est le plus souvent parfumé à la fleur d’oranger et arbore fièrement des fruits confits, symbolisant les pierres précieuses offertes par les Rois Mages.

On « tire les Rois », le plus jeune distribue les parts, caché sous la table, pour désigner le Roi, qui trouve la fève et son sujet. Celui qui hérite du sujet devra offrir le prochain gâteau des Rois.

Cette tradition se prolonge jusqu’à la chandeleur, car les occasions ne manquent pas pour déguster cette couronne entre amis, en famille ou au travail.

Le deuxième dimanche du mois on peut croiser Balthazar Melchior et Gaspar durant la « Marche des Rois » qui défilent dans les rues des villages de Provence pour rejoindre l’église et la Pastorale qui joue « La Marcho di Rèi », chant célébrant l’arrivée des Rois et l’Épiphanie.

Un dernier temps de fête…

Pour terminer les Fêtes Calendales, début février, vient l’heure de la chandeleur.
Un dernier moment de partage en famille autour de différents mets et c’est aussi le temps de défaire la crèche et de ranger les santons dans leurs petites boites au grenier.

Savez vous pourquoi la crêpe prédomine sur les tables des français durant la Chandeleur ?
Depuis le Moyen Âge, on mangeait des plats à base de froment pour permettre, selon la croyance, d’attirer le printemps plus vite. Par la suite, des années de disette et de famine ont fait apparaître cette fine dentelle de froment qu’on appelle aujourd’hui une crêpe.

En Provence, en plus des crêpes, ce 2 février on déguste bugnes, oreillettes et surtout les navettes qui, par la leur forme de barque, représentent l’accostage d’une statue de la Vierge Noire sur les rivages de Provence.

Le mot de la fin

J’aurais pu également vous parler de la bûche de noël, « Lou Cachio Fiò », une bûche que l’on brûle le soir de Noël.
J’aurais pu détailler le pastrage, l’an nouveau, la période des lotos, la Sainte Luce, la Saint-Sylvestre et bien d’autres traditions Provençales …

Mais, vous voilà déjà bien renseignés pour venir passer un week-end ou plus, en Pays d’Aubagne et de l’Étoile durant la période des Fêtes Calendales!

 

Noël en Pays d’Aubagne et de l’Étoile

par Damien D. Conseiller en séjour et rugbyman.